Le retour des odeurs passe… par vos mots
- florentinemasson
- 26 juin
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 juin
Pourquoi notre perception des odeurs est unique
(et comment la retrouver)
Saviez-vous que notre odorat n’est pas “universel” ? Environ 30 % des gènes des récepteurs olfactifs diffèrent d’une personne à l’autre. Résultat : face à la même odeur, votre cerveau ne la “lit” pas exactement de la même façon. Ce n’est donc pas uniquement lié à vos souvenirs ou à votre environnement culturel : c'est aussi génétique.
Mais l’odorat dépend aussi du nez. Les dernières recherches (Datta Lab, avril 2026) suggèrent que l’épithélium olfactif serait organisé spatialement, avec une forme de “carte” où certains récepteurs sont plus associés à des familles d’odeurs (aliment, relations sociales, danger, etc.). Autrement dit : le nez ne fait pas que réceptionner l’information olfactive, celle-ci serait aussi structurée très tôt, avant même que le cerveau n’en donne un sens.

La première « carte des odeurs » dans le nez de la souris
L’odeur, ce n’est pas seulement une molécule
On a longtemps pensé que l’odeur était codée comme une simple stimulation chimique. Or, des résultats récents montrent que le cerveau associe l’odeur à un concept plus large : un même système peut répondre non seulement à l’odeur, mais aussi à ce qui lui est lié — l’image, le mot, et la signification.
Exemple : le concept “banane” peut être activé via plusieurs sens : ce que vous sentez, ce que vous voyez, et les mots qui y sont associés. En clair, votre cerveau ne stocke pas uniquement une odeur. Il stocke une histoire d’odeur, un réseau d’associations : langage, visuel, repères… tout ce qui peut être raconté.
L’expertise olfactive passe par le langage
Une étude menée auprès d’étudiants en parfumerie révèle un point clé : on ne devient pas expert uniquement en sentant “plus” ou "plus fort". On progresse surtout en développant un vocabulaire précis. Apprendre à sentir, c’est apprendre à décrire.
Ce qui rend une odeur mémorable : raconter l’odeur
Les recherches suggèrent que la mémorabilité d’une odeur dépend moins de son intensité ou du plaisir ressenti que de sa capacité à être :
décrite (on peut lui donner des mots),
associée à des images, souvenirs ou repères,
et distincte des autres (une description spécifique permet de la différencier).
Conclusion
Si une odeur est “racontable”, elle est plus facilement mémorisable. Et si elle est mémorisable, sa porte de retour vers le percept devient plus accessible.
Pour les personnes ayant perdu l’odorat (anosmie)
Dans cette logique de reconnexion olfactive, l’objectif n’est pas de “forcer” une sensation immédiate. Il s’agit de réactiver les chemins conceptuels qui relient
odeur ↔ langage ↔ mémoire ↔ associations multisensorielles.
C’est précisément le principe du Parcours de Reconnexion Olfactive que je propose : utiliser le langage et la mémoire pour aider le cerveau à reconstruire des repères stables.
Florentine
Olfactothérapeute
Sources :
David Brann, Datta Lab, Harvard Medical School
Cerveau & Psycho N° 189
Du nez à la mémoire - Anne-Lise Saive - ISIPCA 2026




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